Aucun
touareg ne pouvait se passer de l'artisan forgeron.
Il transforme la matière minérale,
végétale ou animale.Il fabrique et
répare armes, bijoux et outils de la vie
nomade. Il raconte l'histoire du quotidien et grave
les lois de la société orale.
Il contribue par ses bijoux à conjurer les
mauvais sorts et embellit la vie. Il possède
la maîtrise du feu, ce feu au bout de l’épée
dont avait besoin les Kel Tamasheq pour pouvoir
gagner en noblesse.Il
avait donc les moyens de prendre des libertés
avec les moeurs coutumières.
Longtemps
incontournable, constituant encore l'une des principales
castes touareg exercant dans une société
matrilinéaire et aux valeurs hierachisées,son
rôle social dépassait sa seule compétence
technique.Intermédiaire, médiateur
discret, confident et fabricant du lien social,il
est parfois chargé de missions sociales délicates
(demandes en mariage,..).
Bien
que rattachés à telle ou telle tribu,
les forgerons sont dispersés à travers
tout le pays touareg. Installés dans le campement
des principaux chefs coutumiers ou sur les marchés,
ils restent au service de tous.
Léo Dayan